Une histoire des pratiques narratives collectives

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Storyline of collective narrative practice: a history of ideas, social projects and partnerships by David Denborough - The International Journal of Narrative Therapy and Community Work 2012 N°1


Traduction de Fabrice Aimetti, demande d'autorisation faite à David Denborough, le 11 novembre 2019.


David Denborough travaille comme praticien communautaire, enseignant, auteur et rédacteur au Dulwich Centre. On peut le contacter au Dulwich Centre, P.O. Box 7192, Adélaïde, Australie-Méridionale. Courriel : daviddenborough@dulwichcentre.com.au


Mots-clés : thérapie narrative, pratiques narratives collectives, histoire des idées, externalisation, métaphore narrative, lettres thérapeutiques, collaborations, anthropologie, psychologie populaire, Michael White, David Epston, the Just Therapy Team, Cheryl White, Barbara Wingard, Dulwich Centre Foundation.


Les pratiques narratives collectives sont un domaine émergent. S'appuyant sur les idées et les pratiques de la thérapie narrative (White & Epston, 1989, 1990; White, 1989a; Epston 1989a), les pratiques narratives collectives cherchent à répondre aux groupes et aux communautés qui ont connu d'importantes souffrances sociales dans des contextes dans lesquels la "thérapie" peut ne pas avoir de résonance culturelle. Cet article décrit mon parcours de l'auteur à travers ce domaine émergent. Il fournit l'histoire des idées de six aspects clés de la thérapie narrative et décrit en détail un éventail de projets sociaux et de collaborations. J'espère que ce récit historique pourra contribuer à ce qui est actuellement une littérature relativement mince sur les origines sociales et intellectuelles de la thérapie narrative [1]. J'espère également que cet article fournira un fondement historique au domaine des pratiques narratives collectives.


En rédigeant cet article, je suis revenu aux textes que Michael White et David Epston ont écrits dans les années 1980, avant de parler de "thérapie narrative", et aux sources sur lesquelles ils s'appuyaient. Parallèlement à cette histoire des idées, les pratiques narratives collectives ont aussi émergé à partir d'expériences, de relations, de rencontres et de collaborations interculturelles et transgenres. Cet article décrit mon parcours à travers tout cela. C'est un voyage qui a commencé en 1993.


En 1993, à 23 ans, je vivais à Sydney. Quelques années plus tôt, j'étais diplômé en Travail Social, et je travaillais dans une prison de sécurité maximale au sein des unités sociales et d'enseignement, ce qui consistait à animer des groupes pour les détenus transgenres et pour les jeunes hommes récemment emprisonnés, et à "enseigner" les questions de classe, de genre et de race dans une formation aux sciences sociales pour des détenus qui espéraient travailler dans ce domaine lorsqu'ils seraient libérés. En même temps, je me portais volontaire pour rencontrer régulièrement des jeunes hommes dans les écoles au sujet des questions de genre et de violence.


En regardant en arrière à ce moment de ma vie, je peux voir que j'avais vraiment du mal à trouver comment répondre à ce qui étaient, pour moi, deux découvertes relativement récentes :

  • Mon arbre généalogique avait été "replanté dans la cour de quelqu'un d'autre"[2]. Travailler dans les prisons m'a permis d'être en contact et d'établir des liens importants avec des représentants des Premières Nations d'Australie. Avant de travailler en prison, je n'avais jamais, à ma connaissance, rencontré d'Aborigènes. Je n'avais certainement jamais essayé auparavant de comprendre ma vie à travers le prisme de l'Australie aborigène. Je n'avais jamais auparavant saisi la façon dont la police et les prisons en Australie représentaient l'occupation continue des terres aborigènes et la privation continue des droits des pauvres.
  • Le mal que les gens de mon sexe (les hommes) ont fait et continuent de faire aux femmes, aux enfants et aux autres hommes.


Travaillant dans les écoles, je rencontrais des jeunes hommes à l'aube de la masculinité adulte. Parfois, le plaisir, le mirage et l'ouverture d'esprit se voyaient dans leurs yeux. À d'autres moments, la brutalité et la cruauté prédominaient. Chaque atelier que nous animions dans les écoles avec la MASA (les Hommes ccontre les agressions sexuelles ~ Men Against Sexual Assault[3]) consistait à voir comment les formes dominantes de masculinité façonnaient la vie de ces jeunes hommes et à faire de notre mieux pour ouvrir un espace à d'autres façons d'être. Du lundi au mercredi, je rencontrais des hommes en prison, dont certains avaient violé, agressé, assassiné d'autres personnes. Et le jeudi et le vendredi, je rencontrais des jeunes hommes dans les écoles, dont certains étaient déjà convaincus qu'ils allaient passer une partie de leur vie derrière les barreaux et les barbelés.


À l'époque, je lisais tout ce qui pouvait offrir des possibilités d'action, y compris les écrits féministes de la deuxième vague (Greer, 1970 ; Morgan, 1970), les théoriciens du genre post-structuralistes (Davies, 1993) et ceux sur les masculinités (Segal, 1990 ; Connell, 1987 ; Kimmel, 1987 ; Messerschmidt, 1993).


C'est ainsi qu'un jour, j'étais assis à mon bureau à la prison à sécurité maximale de Long Bay quand une collègue m'a remis un exemplaire du bulletin d'information du Dulwich Centre intitulé Quelques réflexions sur les façons d'être des hommes ~ Some thoughts on Men's Ways of Being (1992).


"Je pense que cela pourrait i'intéresser", a-t-elle dit.


Elle avait raison.


Quelques réflexions sur les façons d'être des hommes

Il y avait beaucoup de choses qui me fascinaient dans ce livre, en particulier un article de Michael White intitulé "La culture des hommes, le mouvement des hommes et les fondations de la vie des hommes ~ Men's culture, the men's movement, and the constitution of men's lives" (1992). Michael y articulait certains des "effets réels du projet essentialiste" de l'identité masculine (p. 37) qui :

  • identifie certaines "vérités" sur la nature des hommes" (p. 37)
  • est fondamentalement conservatrice et génératrice d'une forme paralysante de nostalgie pour ce qui n'a jamais été" (p. 37)
  • nous recrute dans un récit mytho et myope de la nature de l'homme" (p. 37)
  • nous aveugle sur notre complicité dans le maintien de la domination et de l'abus d'autrui, et à notre soutien des structures économiques, politiques et sociales qui préservent et favorisent les privilèges des hommes" (p. 38)
  • incite les hommes à se séparer des femmes et à s'en éloigner" (p. 39)


Il a ensuite proposé une "autre perspective sur l'aspect personnel, une perspective qui rapproche l'aspect personnel et la politique" (p. 35). Il y fait référence à une "perspective constitutionnaliste" qui propose que :

  • une "connaissance objective du monde n'est pas possible ; que les connaissances sont en fait générées dans des domaines discursifs particuliers dans des cultures spécifiques à des moments précis" (p. 40)
  • toutes les notions essentialistes de la nature humaine sont en fait des ruses qui dissimulent ce qui se passe réellement" (p. 40).
  • les descriptions que nous avons de la vie ne sont pas des représentations ou des reflets de la vie telle que vécue, mais sont directement constitutives de la vie" (p. 40)
  • l'identité est multiple, et qu'elle est le produit de la négociation continue de subjectivités multiples" (p. 43).


Dans cet article, Michael s'est inspiré des écrits de Foucault (1979, 1980, 1984, 1988), Billig et al (1988), Sawicki (1991), E. Bruner (1986) et J. Bruner (1990), et a fourni ce qui était pour moi une toute nouvelle façon de comprendre l'identité et, par conséquent, de nouvelles possibilités pour agir :

La perspective constitutionnaliste propose plus qu'un simple défi au projet essentialiste et à ses effets réels négatifs. Et elle déclenche davantage qu'une simple volonté de séparer nos vies des aspects problématiques de la culture dominante des hommes.
Elle déclenche également une détermination à s'engager dans des processus qui génèrent et/ou ressuscitent des connaissances et des pratiques alternatives des manières d'être des hommes, et qui conduisent au développement et à la performance de récits alternatifs de soi qui ont des effets préférés réels. (White, 1992, p. 43)


C'est cet article de Michael White qui m'a introduit la perspective narrative - une perspective qui réunit la personne et le politique d'une manière particulière :

J'ai proposé un autre cadre de référence pour les tentatives des hommes à transformer la culture masculine dominante, un cadre que j'ai appelé la perspective constitutionnaliste. Je crois que cette perspective nous permet d'affronter et d'accepter notre histoire et nous libère de faire quelque chose de très difficile, c'est-à-dire d'avoir le courage de trouver les moyens d'agir contre notre propre culture. C'est une perspective qui rassemble l'aspect personnel et le politique à plusieurs niveaux. (White, 1992, p. 51)


J'étais fasciné. Ces idées pourraient-elles fournir de nouvelles options pour les conversations que je partageais dans les prisons et les écoles ? Et que pourraient-elles signifier en termes de compréhension de ma propre vie et de mes relations ?


Il y a autre chose qui m'a profondément marqué dans Quelques réflexions sur les façons d'être des Hommes ~ Some thoughts on Men's Ways of Being (1992) : les articles et les entretiens ont été réalisés par aussi bien par des hommes que des femmes et la note de l'équipe de rédaction (Cheryl White, Maggie Carey et Chris McLean) indiquait que ce livre était le résultat de collaborations entre les genres. Quels étaient ces collaborations transgenres ? Que pourraient-elles rendre possible ? Comment ont-elles vu le jour ?


Plus tard, j'ai appris que ces collaborations transgenres et le lancement du livre Quelques réflexions sur les façons d'être des Hommes (1992) étaient dus à un défi lancé par Taimalieutu Kiwi Tamasese et l'équipe JustTherapy de Nouvelle-Zélande, comme Cheryl le décrit :

(Taimalieutu Kiwi Tamasese)... m'a dit quelque chose qui a fait une énorme différence dans mon approche de ces questions [de culture et de genre]. Elle a dit qu'elle savait que je m'intéressais vraiment aux femmes d'autres cultures, mais que pour elle, j'étais plus un homme blanc qu'une femme de couleur. Ce n'était pas personnel. Elle a dit qu'elle croyait qu'en termes d'expérience vécue et de privilèges, les féministes blanches ressemblent plus aux hommes blancs qu'à des femmes de couleur. Par conséquent, elle a dit qu'il était de notre responsabilité de travailler avec des hommes blancs. "Allez travailler avec les gens que vous pouvez influencer" a-t-elle dit ! Et c'est ce que j'ai fait. Je suis allé travailler avec des hommes blancs sur des questions de genre de toutes sortes de manières... Pendant quelques années, le Dulwich Centre Publications a concentré son énergie sur les questions des hommes et de la masculinité. Avec d'autres femmes, nous avons organisé des ateliers, écrit des pétitions, essayé d'encourager le développement de méthodes de travail avec les hommes sur les questions de violence et publié un certain nombre de numéros de revues qui ont fini par devenir un livre. J'ai souvent plaisanté en disant que beaucoup d'hommes en Australie auraient aimé que je n'écoute pas Kiwi ! De mon point de vue, un apprentissage était nécessaire, et moi et d'autres femmes féministes blanches avions besoin de travailler au sein de notre propre culture sur les questions de genre avant de chercher à travailler en collaboration interculturelle. Nous avions également besoin de développer un réseau de personnes liées au Dulwich Centre Publications qui seraient prêtes et désireuses d'aborder les questions de genre et de culture, et cela s'est progressivement développé. (Yuen et White, 2007, pp. 23-24)


C'est cette histoire sociale des collaborations qui a conduit au livre Quelques réflexions sur les façons d'être des Hommes. À la page 69 de ce livre, j'ai lu la publicité suivante :

Formation en thérapie familiale - 1993
Une semaine de stage avec Michael White

Cette formation proposera une présentation d'une "thérapie pour redevenir auteur". Cette thérapie est fondée sur l'idée que la vie et les relations des personnes sont façonnées par les savoirs et les histoires mêmes que les gens utilisent pour donner un sens à leurs expériences, et par certaines pratiques de soi et de relations qui sont associées à ces savoirs et histoires. Une thérapie pour redevenir auteur contribue à la résolution des problèmes des personnes en (a) permettant de séparer leur vie des relations avec des savoirs/histoires qui les appauvrissent, (b) les aidant à remettre en question les pratiques de soi et des relations qui assujettissent, (c) en encourageant les personnes à redevenir auteures de leur vie en selon des savoirs, histoires et pratiques alternatives et préférées de soi et de la relation qui ont des issues préférées.


Intrigué par la perspective d'aider les personnes à "redevenir auteures de leurs vies", j'ai réservé une place.

Les idées/pratiques de la Thérapie narrative

Pendant le stage, j'ai séjourné dans une auberge de jeunesse, à deux pas du Dulwich Centre. Un certain nombre de mes colocataires étaient des ronfleurs confirmés et, comme le sommeil n'était pas vraiment une option, j'en ai profité chaque soir pour revoir les notes que j'avais prises pendant la journée. Il s'est passé tant de choses cette semaine-là. Deux domaines connexes ont eu une influence identique - les idées/pratiques de la "thérapie pour redevenir auteur de sa vie" telle qu'enseignée par Michael White et les projets sociaux dans lesquels le Dulwich Centre était engagé.


John McLeod a suggéré que la thérapie narrative représente une "perspective post-psychologique" (McLeod, 2004, 2007) et qu'elle peut être décrite comme un "travail culturel " (McLeod, 2005). Ce qui m'a amené à Adélaïde, c'est la recherche de moyens de répondre aux questions de culture, notamment la masculinité, la violence et d'autres formes d'injustice.


Chaque soir, dans le salon de l'auberge de jeunesse, je me suis retrouvé à revisiter un certain nombre de thèmes qui, je crois, sont directement liés à l'élaboration de pratiques narratives collectives :

  1. Replacer les problèmes personnels dans le domaine de la culture et de l'histoire - externalisation
  2. La métaphore narrative et la pratique narrative
  3. Les contre-documents et lettres thérapeutiques
  4. L'importance des collaborations
  5. Une anthropologie des problèmes et l'archivage des savoirs alternatifs
  6. La psychologie populaire et l'identité intentionnelle.

Je ne décrirai pas ces thèmes d'une manière que je n'aurais pas pu faire en 1993. Ce faisant, je retracerai aussi brièvement l'histoire intellectuelle de ces idées que j'ai trouvées si passionnantes en 1993 et encore aujourd'hui.


Replacer les problèmes personnels dans le domaine de la culture et de l'histoire - externalisation

Plutôt que de localiser les problèmes chez les individus, les pratiques narratives localisent les problèmes personnels dans les domaines de la culture et de l'histoire. Comme l'explique McLeod, il s'agit d'un mouvement extérieur vers les histoires d'une culture plutôt qu'un mouvement intérieur vers une expérience personnelle individuelle. (McLeod, 1997, p. 27).Cela va de remettre le problème de l'encoprésie dans la culture de l'enfant comme "le personnage traître du caca sournois" (White, 1984) à la localisation du problème des "voix et visions" de la prétendue schizophrénie en dehors de la personne et dans les domaines de la politique et de la justice :

Il a été important pour nous de faire l'expérience de notre travail pour réclamer nos vies à partir des voix et des visions gênantes en tant que lutte contre l'injustice. Ces voix et visions sont oppressantes, et puisque notre travail de renégociation de notre relation avec ces voix et visions porte sur des questions de pouvoir et de contrôle, alors cette relation est une relation politique. Cette compréhension politique nous donne de la force, car elle nous garde en contact avec le fait que nous sommes non seulement dans un voyage personnel, mais aussi dans un voyage politique. (Brigitte, Sue, Mem et Veronika, 1997, p. 29)


Ce processus qui consiste à replacer les problèmes dans le contexte de la la culture et de l'histoire est maintenant largement connu sous le nom d'"externalisation du problème", un concept/pratique qui a pris une importance internationale avec la publication des Moyens narratifs au service de la thérapie ~ Narrative Means to Therapeutic Ends (White & Epston, 1990).


Le processus a été décrit pour la première fois par Michael White, dans ses articles révolutionnaires "Pseudo-encoprésie : de l'avalanche à la victoire, des cycles vicieux aux cycles vertueux ~ Pseudo-encopresis: from avalanche to victory, from vicious to virtuous cycles" (1984) et 'La peur et l'apprivoisement des monstres : Une approche des peurs des jeunes enfants ~ Fear busting & monster taming : An approach to the fears of young children' (1985). A ce stade, l'expression externalisation n'a pas été utilisée, mais les enfants et les parents étaient invités à se serrer les coudes en réponse au "caca sournois" et à dompter "les peurs" de manière élaborée afin d'obtenir un "Certificat d'aptitude à attraper et apprivoiser les monstres et les vers " ou un "Diplôme pour vaincre la peur" et de devenir membre soit de la "Guilde des chasseurs et dompteurs de monstres et de vers d'Australie et de Nouvelle Zélande" soit de l'Association pour l'élimination de la peur de l'hémisphère Sud (White, 1985, p. 111).


En 1986, dans l'article "la Famille échappe aux ennuis ~ Family escape from trouble", ce processus a d'abord été appelé "externalisation " : "Externaliser et objectiver le problème et le placer entre les personnes est le premier pas vers une définition interactionnelle du problème et une solution interactionnelle au problème" (White, 1986, p.59).


Un an plus tard, dans l'article Thérapie familiale & Schizophrénie : aborder le mode de vie particulier ~ Family Therapy & Schizophrenia: Addressing the ‘in-the-corner’ lifestyle (1987), Michael White commence à s'inspirer des écrits de Michel Foucault (1979) pour l'expliquer :

Dans le processus d'externalisation des problèmes, les pratiques culturelles d'objectivation sont utilisées contre les pratiques culturelles d'objectivation. Le problème lui-même est externalisé de telle manière que la personne n'est pas le problème. Au lieu de cela, le problème est le problème. Cette objectivation et externalisation du problème remet en question les techniques d'individualisation de la classification scientifique et autres pratiques de différenciation plus globales (White, 1987, p. 52).


D'où l'expression "la personne n'est pas le problème... le problème est le problème" qui est devenue l'emblème des pratiques narratives et de son éthique externalisante, son refus de pathologiser ou de mettre les problèmes dans les individus.

La métaphore narrative et les pratiques narratives

"Writing your history", de David Epston (1986) a été le premier article à décrire ce que l'on pourrait appeler une "thérapie narrative "[4]. Il décrit les conversations de David avec Marisa qui ont eu lieu en 1985 et qui l'ont amené à "abandonner la métaphore de la stratégie/du stratégique[4'] et à la remplacer par l'histoire et le récit" (Epston, 1989b, p. 134).

Dans cet article, David Epston cite Gergen & Gergen (1983, 1984) :

Gergen et Gergen (1983) ont utilisé le terme d'auto-récits (self-narratives) pour décrire le processus social par lequel les gens se racontent des histoires sur eux-mêmes et sur les autres. Ils décrivent les récits de soi comme la façon dont les individus...
"établissent des liens cohérents entre les événements de la vie. Plutôt que de voir sa vie comme une simple "et fichue chose après l'autre", l'individu tente de comprendre les événements de la vie comme étant systématiquement liés. Ils sont rendus intelligibles en les situant dans une séquence ou un "processus de déroulement/d'élaboration". La plupart des événements ne sont donc pas des révélations soudaines et mystérieuses, mais une séquence cohérente d'histoires en mouvement". (Gergen & Gergen, 1984, p. 174).

David Epston cite également Murray (1985) et Goffman (1959), car il a apporté une métaphore narrative au domaine de la thérapie.

Dans ses écrits de la fin des années 1980, Michael White fait un certain nombre de références reconnaissant la manière dont David Epston avait développé une approche thérapeutique unique basée sur la théorie de l'auto-récit (White, 1987, p. 48) et comment David Epston avait encouragé Michael à confronter son travail à la métaphore textuelle (White, 1988b, p. 40). Encouragé également par l'intérêt de Cheryl White pour la métaphore narrative à travers sa lecture du féminisme (White, 1989b, p. 12), l'approche externalisante de Michael White a été associée aux explorations narratives de David Epston... et soudain, tant de choses sont devenues possibles !

En 1988, Michael White a écrit trois articles de fond, chacun publié par le Dulwich Centre Publications, devenu entre-temps une maison d'édition bien rodée :

  • Un processus de questionnement : une thérapie du mérite littéraire (1988b)
  • Dire bonjour à nouveau : l'intégration de la relation perdue dans la résolution du deuil (1988a)
  • L'externalisation du problème et la ré-auteurisation des vies et de relations (1988/9)

Et en 1989, quatre ans et demi après sa première rencontre avec Marisa, David Epston l'a rencontrée à nouveau. Dans cette conversation de suivi, Marisa réfléchit à l'expérience d'"écrire son histoire" :

La lettre m'a donc fait beaucoup de bien... de voir tout cela écrit. Je veux dire que vous lisez des histoires et ce sont des histoires. Mais ce n'était pas une histoire, c'était ma vie telle que je la vis. Et aujourd'hui, en y repensant, je n'aurais pas pu... comment aurais-je pu survivre à tout cela ? Mais je suis toujours là pour raconter l'histoire (rires). (Epston, 1989b, p. 135)

Dans son article "Marisa revisits" (Epston, 1989b, p. 128), David Epston cite Barbara Hardy (1968) : "nous rêvons dans le récit, rêvassons dans le récit, nous nous souvenons, anticipons, espérons, prévoyons, croyons, doutons, planifions, révisons, critiquons, construisons, bavardons, apprenons, haïssons et aimons par le récit".

Il cite également Lowe (1989) afin de situer ces tentatives de création d'une nouvelle forme de thérapie dans le cadre d'un projet social plus large :

... nous pouvons inventer une nature humaine plus douce, en réinventant nos propres définitions. Cela doit être un exercice de volonté et d'imagination. Bien que nous puissions essayer de laisser nos clients faire évoluer leurs propres significations et explications comme certains modèles le suggèrent, c'est sûrement impossible, nous ne pouvons pas ne pas les influencer ... Une approche plus positive consisterait à reconnaître le degré de notre influence et à accepter la responsabilité d'inventer des théories de la personne qui pourraient contribuer à la formation d'une société plus juste. (pp. 32-33)

En 1989, David Epston et Michael White ont également co-écrit Literate Means to Therapeutic Ends. Influencé par le "tournant interprétatif" plus large qui se produit dans l'anthropologie et la théorie littéraire, et s'inspirant largement de J. Bruner (1986), E. Bruner (1986), Foucault (1979, 1980, 1984), Geertz (1983), Gergen & Gergen (1984), et Goffman (1961, 1974), Michael White et David Epston ont proposé une thérapie basée sur la "ré-auteurisation" (redevenir auteur, re-authoring) (Myerhoff, 1982) ou le fait de "ré-histoiriser" (re-storying) des vies.

Cette thérapie du ré-auteuriser (redevenir auteur de sa vie, re-authoring) est basée sur l'hypothèse que :

... les personnes vivent des problèmes, pour lesquels elles demandent fréquemment une thérapie, lorsque les récits dans lesquels elles "mettent en histoire" leur expérience, et/ou dans lesquels leurs expériences sont "racontées" par d'autres personnes, ne représentent pas suffisamment leur vécu, et que, dans ces circonstances, il y aura des aspects significatifs de leur vécu qui contrediront ces récits dominants. (White & Epston, 1989, p. 22)

Ainsi, la tâche de la thérapie devient :

... l'identification ou la génération d'histoires alternatives qui permettent aux personnes de donner de nouvelles significations qui apportent des possibilités recherchées ; de nouvelles significations que les personnes ressentiront comme plus utiles, plus satisfaisantes et ouvrant plus de possibilités. (White & Epston, 1989, p. 22)

Une thérapie de mérite littéraire [5']a été proposée, qui s'intéresse à l'élaboration et à la mise en oeuvre de ces histoires alternatives. Après que Literate Means to Therapeutic Ends ait été republié par W.W. Norton sous le titre Narrative Means to Therapeutic Ends, cette thérapie du mérite littéraire, ou thérapie pour redevenir auteur, a été progressivement désignée sous le nom de "thérapie narrative".[5]

Toutefois, il est important de mentionner un autre aspect important de Literate Means to Therapeutic Ends. Il s'agit de l'invitation faite aux praticiens de prendre en compte à la fois les traditions orales et écrites (Stubbs, 1980) et d'étudier le potentiel thérapeutique des pratiques de l'écrit.

Les contre-documents et les lettres thérapeutiques

Les deux tiers de Literate Means to Therapeutic Ends (les moyens littéraires/textuels/de l'écrit à des fins thérapeutiques) consistent en de nombreux exemples de lettres thérapeutiques et de contre-documents (NdT : contre-histoires) qui célèbrent "la nouvelle histoire" (p. 131). Voici des exemples d'écrits qui contrastent avec les "dossiers" psychiatriques dégradants :

Il y a les pratiques, situées dans le domaine des savoirs populaires locaux alternatifs, qui ont la capacité de redécrire et de définir les personnes de manière à mettre en valeur leurs savoirs et compétences particulières, et leur place dans la communauté des personnes... Les pratiques associées à ces documents alternatifs sont en contraste avec celles associées au dossier (psychiatrique)
... Des prix de différentes natures, tels que des trophées et des certificats peuvent être considérés comme des exemples de documents alternatifs. Ces récompenses indiquent souvent que la personne gagne un nouveau statut dans sa communauté, ce qui lui confère de nouvelles responsabilités et de nouveaux privilèges. Comme ces documents alternatifs ont le potentiel de recruter un grand lectorat et un grand auditoire pour la diffusion de ces nouvelles histoires, elles peuvent être replacées dans ce que Myerhoff (1982) appelle des cérémonies définitionnelles. (White & Epston, 1989, p. 131)

Les exemples de lettres et de documents sont divers :

  • Déclarations d'indépendance par rapport à l'asthme
  • Certificats de victoire contre les mauvaises habitudes
  • Certificats d'avoir échappé à la malchance
  • Certificats d'être sorti de la culpabilité

Et ainsi de suite.

Il existe maintenant une riche tradition de documentation au sein de la thérapie narrative (voir aussi Epston 1998, 2008a, Epston & White, 1990 ; White, 1995a ; Freeman, Epston, & Lobovits, 1997 ; Fox, 2003 ; Newman, 2008 ; Madigan, 2011 ; Freedman & Combs ; 1996 ; Lobovits, Maisel, & Freeman, 1995).

L'importance des partenariats

La préface du livre Literate Means to Therapeutic Ends a été écrit par Karl Tomm. Il y écrit : "L'innovation dans n'importe quel domaine est un accomplissement majeur, mais le faire dans différentes directions en même temps et d'ouvrir ainsi de nouveaux territoires constitue un tour de force" (Tomm, 1989, p. 5).

Ce tour de force représente huit années de conversation, d'amitié et de partenariat intellectuel entre David Epston et Michael White. Dans la longue citation qui suit, Cheryl White (2009) exprime l'importance de ce partenariat :

Leur [David Epston et Michael White] amitié et leur partenariat intellectuel constants ... se caractérisaient par un optimisme inébranlable, une passion pour les idées, ce qui semblait être une énergie sans limite, et un réel dévouement pour aider les familles qu'ils rencontraient ... Leur collaboration comportait des défis stimulants en raison de leurs différents points de vue. Tous deux étaient des thérapeutes familiaux, mais David était également d'origine Eriksonienne. Tous deux étaient des lecteurs assidus mais s'y prenaient de manière très différente. David lisait étonnamment beaucoup de choses, faisant appel à sa formation d'anthropologue, tandis que Michael se concentrait rigoureusement sur un auteur à la fois (Bateson, puis Foucault puis encore s'autres). En fait, David était connu pour dire que s'il laisait lui-même un millier de livres une fois, Michael lisait le même livre un millier de fois, trouvant continuellement de nouvelles sources d'inspiration pour la pratique thérapeutique. Ils partageaient la même estime pour leurs différences.
Au début, si l'un d'entre eux était "coincé" par une famille qu'il suivait, il appelait l'autre et lui parlait de tout, générait de nouvelles idées puis retournait les essayer. On avait l'impression que presque chaque semaine, il y avait un nouveau développement et que les idées devaient être partagées :
"... nous avons décidé de faire de nos idées et de nos pratiques un patrimoine commun et nous avons juré que nous ne deviendrions jamais des rivaux. Nous avons fait ce que nous avions dit que nous ferions toutes ces années jusqu'à sa mort..." (Epston, 2008, p. 5)
Il n'y avait pas de sentiment de propriété, de possession ou la prédominance des idées, mais plutôt la joie de les offrir à un monde qui cherchait de nouvelles façons de travailler ... En reconnaissant la contribution d'Ann Epston et de Michael White à ses idées et à son travail, David a déclaré : "À présent, je ne sais pas où cela commence et où cela finit" (Epston, 1989, p. 118).
Ce sentiment résume à mes yeux le partenariat intellectuel entre Michael White et David Epston. Les origines de ce que l'on appelle aujourd'hui la thérapie narrative sont le fruit d'une philosophie politique commune et d'interminables heures de conversation. (White, C. 2009, p. 50-60)

Je le rappelle, trois partenariats différents ont déjà été reconnus jusqu'ici, qui se rapportent au développement d'idées dans lesquelles je me suis engagées en 1993 et qui ont ensuite forgé les pratiques narratives collectives. Ces partenariats sont les suivants :

  1. Le partenariat entre David Epston et Michael White ;
  2. Le partenariat entre l'équipe de la Thérapie Juste[5"] de Nouvelle-Zélande (représentée par Kiwi Tamalieutu-Tamasese) et le Dulwich Centre Publications qui a entraîné la décision par Cheryl White d'aborder et de publier sur les questions de masculinité ;
  3. Le partenariat entre les femmes et les hommes au sein de la "communauté d'idées" du Dulwich Centre d'Adélaïde et qui a conduit à la publication de Some thoughts on Men's Ways of Being (1992).

Une anthropologie des problèmes et l'archivage des savoirs alternatifs

David Epston a d'abord été formé à l'anthropologie et l'influence de cette histoire se fait sentir dans le domaine des pratiques narratives : "Je suis progressivement passé d'une démarche anthropologique académique à la recherche de moyens permettant plutôt aux modes de pensée anthropologiques de soutenir ma pratique de thérapeute" (Epston, 2001, p. 178). Une façon de décrire David Epston serait en tant qu'anthropologue des problèmes et un archiviste des savoirs alternatifs :

J'ai toujours pensé que je faisais de la recherche, mais sur les problèmes et les relations que les gens entretiennent avec ces problèmes, plutôt que sur les personnes elles-mêmes. La structuration des questions narratives et des entretiens me permet, ainsi qu'à d'autres, de mener des recherches conjointes sur les problèmes et les savoirs alternatifs qui sont développés pour les résoudre. (Epston, 2001, p. 180)

Dans les années 1980, David Epston a commencé à partager les savoirs de ceux qui le consultaient en thérapie avec d'autres qui connaissaient des difficultés similaires. Il a rassemblé les "sagesses" des clients et ce qu'il a appelé les "connaissances d'expert" des clients dans des archives (Epston, 2001). Ces archives contenaient des bandes audio, des lettres et des oeuvres d'art qui représentaient "une riche source de solutions pour un ensemble de problèmes anciens tels que la maîtrise de la colère, les peurs nocturnes, le refus de l'école, l'asthme, et ... l'anorexie et la boulimie" (Madigan & Epston, 1995, p. 263). Peu à peu, David Epston a commencé à créer des réseaux de clients qu'il a appelés "ligues" afin qu'ils puissent se consulter, s'informer et se soutenir mutuellement, l'exemple le plus connu étant la Ligue Anti-Anorexie/Anti-Boulimie (Grieves, 1997 ; Lock, Epston & Maisel 2004 ; Lock, Epston, Maisel & de Faria, 2005 ; Maisel, Epston & Borden, 2004 ; Malson & Burns, 2009 ; Epston, 2008). Avec son collègue, Stephen Madigan, cette approche visant à mettre en relation des groupes de clients afin de partager des "savoirs sur les solutions" est venue à être désignée comme générant des "communautés d'intérêt" (Madigan & Epston, 1995). Grâce aux nouvelles technologies, ces communautés d'intérêt ont d'abord utilisé des télécopieurs pour envoyer des messages dans le monde entier, puis des ligues en ligne ont répondu à diverses questions, notamment les "Archives de la résistance : Anti-anorexie/Anti-boulimie (www.narrativeapproaches.com).

Une grande partie de mon travail de thérapeute narratif a été liée à mon souci d'agir contre cette appropriation des savoirs dans le domaine des professions de santé. En reconnaissant les savoirs alternatifs sur la vie qui sont souvent co-créés dans des conversations de ré-auteurisation, la question devient alors de déterminer comment rester fidèle aux sources de ces savoirs, et comment rendre justice à la représentation de ces sources de ces savoirs. Cela a conduit à la formation de ligues (par exemple la Ligue Anti-Anorexie et Anti-Boulimie) par lesquelles les savoirs locaux de ceux qui consultent des thérapeutes peuvent être représentées de manière à reconnaître les auteurs de ces savoirs, à documenter les moyens mêmes par lesquels ces savoirs locaux ont été créées et à les rendre accessibles à d'autres.

Cela m'a conduit à une réflexion sur les archives et le rôle des archivistes. L'idée de l'archivage m'a toujours fasciné et, à bien des égards, je me considère comme un archiviste, un co-créateur et un anthologiste des savoirs alternatifs. (Epston, 2001, p. 179)

Cette recherche anthropologique des problèmes et l'archivage des savoirs locaux ont permis de jeter les bases des pratiques narratives collectives.

Psychologie populaire et Identité performative

Après Bruner (1990), David Epston et Michael White se sont également intéressés à situer leurs explorations narratives dans les traditions de la psychologie populaire. Un thème qui a émergé de la nouvelle anthropologie culturelle a été de considérer les réalités et les identités des personnes telles qu'elles sont réparties dans les communautés :

Cette nouvelle anthropologie culturelle, dont le sens est au centre, s'intéresse à la construction sociale des réalités des gens, c'est-à-dire des réalités qui ne sont pas directement  dérivées de la construction indépendante des événements de la vie. Ces réalités ne sont pas le résultat d'un accès privilégié au monde tel qu'il est, elles ne sont pas le fruit d'une compréhension objective de la nature des choses. Les réalités des gens étaient plutôt comprises comme des produits historiques et sociaux, négociés dans et entre les communautés de personnes et distribués dans ces communautés.
C'est le cas de l'identité comme de toute autre construction ; l'identité était comprise comme un processus qui se déployait au sein des communautés de personnes, ses traces se retrouvant partout, y compris dans :
• des récits de soi socialement négociés,
• les impressions et l'imagination des autres,
• la représentation théâtrale,
• la danse, le jeu, le chant et la poésie,
• les rituels, les cérémonies et les symboles,
• les tenues et les habitudes de vie, et
• la documentation personnelle et publique, disséminée par le biais des enregistrements, a permis d'entrer dans des histoires communautaires, dans des journaux personnels, dans des correspondances sous forme de lettres et de notes, dans des dossiers publics sous forme de portraits, d'évaluations et de rapports, et dans la longue tradition de l'autobiographie. (White, 2001a, p. 12).

La façon dont l'identité est disséminée dans les communautés de personnes par le biais du théâtre, de la danse, du chant, des rituels et de la documentation (voir également Turner, 1986) nous a incités à explorer chacun de ces éléments en tant que terrains des pratiques narratives collectives.

Retour à l'auberge de jeunesse

Lorsque j'ai suivi ma première formation en 1993, trois ans s'étaient écoulés depuis la publication de Narrative Means to Therapeutic Ends. Au cours de ces trois années, le potentiel de la métaphore narrative de la thérapie s'était encore développé. Un article majeur de David Epston & Michael White (1990) a examiné de manière plus approfondie les applications possibles de la métaphore du rite de passage(van Gennep, 1960 ; Turner, 1967) et sur les moyens de "consulter vos consultants" (consult your consultants) : "ce qui distinguait la consultation de ses consultants de toute autre pratique "thérapeutique" de l'époque était la "consultation" d'un "vétéran" du problème et non d'un "malade" du problème" (D. Epston, communication personnelle, 29 mai 2011 ; voir également Marsten, Epston et Johnson, 2011) Ce processus a constitué un précédent important pour les pratiques narratives collectives.

A peu près à la même époque, Michael White (1991), en rédigeant un texte important intitulé "Déconstruction et thérapie", s'était inspiré de Bourdieu (1988), Derrida (1981) et Bruner (1986) pour fournir des exemples plus détaillés du "paysage de l'action" (p. 128) et du "paysage de la conscience" (p. 131) et comment ceux-ci pourraient contribuer à la création d'histoires alternatives. Et bien sûr, Some thoughts on Men's Ways of Being (1992) a été publié. Grâce à la générosité de de Cheryl White, j'ai laissé cette première version avec une copie de tout ce qui a été écrit sur la "ré-auteurisation" (re-authoring) ou la "thérapie narrative" ! Dix-huit ans plus tard, alors que je revisite cette histoire, je me suis appuyé sur cette même version des premiers textes originaux.

Chaque soir, assis dans le salon de l'auberge de jeunesse, il y avait tant de choses à penser. Comme je n'étais pas thérapeute et que je n'avais pas prévu de travailler comme tel, j'étais particulièrement intéressé par la manière dont ces idées de ré-auteurisation pouvaient être liées à des projets plus vastes. Il semblait y avoir tellement de possibilités, comme le décrit John McLeod (2007) :

En termes sociaux, les thérapies psychologiques individualistes traditionnelles fonctionnent comme une sorte de "puits" émotionnel dans lequel les tensions communautaires et interpersonnelles sont absorbées. En revanche, la thérapie narrative a la capacité à canaliser l'énergie provenant des troubles individuels et à la transformer en une action sociale productive. Dans ce travail, le concept de narration fournit un pont entre les histoires racontées par des personnes précises, et les discours et récits dominants dans lesquels nous vivons tous collectivement nos vies. (p. 244)

C'est ce lien qui m'a à la fois fasciné et excité. Tout comme la façon dont la "communauté d'idées" du Dulwich Centre était déjà engagée dans un certain nombre de projets sociaux.

Les projets sociaux

Cheryl White (2011) a récemment décrit les moyens par lesquels le développement de la thérapie narrative était étroitement lié aux mouvements sociaux et aux projets sociaux plus larges des années 1960 et 1970 :

Nous étions à l'époque où les mouvements sociaux remettaient en question le pouvoir considéré comme allant de soi dans toute une série de domaines. Au départ, l'accent était mis sur la guerre du Vietnam et le féminisme. Puis, la priorité a changé. Avec beaucoup d'autres, Michael (White) est devenu déterminé à contester et à proposer des alternatives aux pouvoirs considérés comme allant de soi dans les services de santé mentale et de psychiatrie.

À partir des années 1960, des écrivains tels que Michel Foucault, Erving Goffman, R.D. Laing, Thomas Szasz et Franco Basaglia ont commencé à critiquer les pratiques couramment acceptées en psychiatrie et l'influence des conceptions psychiatriques sur la société en général. Des mouvements sociaux de consommateurs/survivants parmi ceux qui avaient subi des traitements dégradants dans les établissements de santé mentale ont également commencé à faire campagne pour le changement : un mouvement social a mis fin à une guerre et un autre a modifié les relations entre les femmes et les hommes et leur mode de vie. Au fur et à mesure que les gens de nombreux pays étaient déterminés à modifier la façon dont leur société répondait aux personnes en détresse sociale et émotionnelle, c'est devenu une passion dans la vie de Michael. Et c'est cet engagement qui a conduit au développement de ce qui est maintenant connu sous le nom de thérapie narrative. (White, C., 2011, p. 159)

Au cours de ma première semaine à Adélaïde, j'ai découvert trois projets sociaux différents auxquels le Dulwich Centre participait à l'époque, et l'apprentissage de ces projets sociaux a été pour moi aussi important que les idées enseignées lors de la formation. Dans ce chapitre, je décrirai brièvement les projets sociaux qui m'ont été présentés au cours de cette semaine et je discuterai de leurs implications.

Explorations du partenariat entre hommes et femmes - Action sociale en matière de justice entre hommes et femmes

Lors de ma première conversation avec Cheryl White, j'ai mentionné que je travaillais avec une organisation appelée Men Against Sexual Assault et Cheryl a soulevé un certain nombre de questions et de critiques parfaitement exprimées sur la politique et la dénomination de ce travail. Deux ans plus tard, un groupe de jeunes hommes[6] qui cherchaient également des moyens d'action sociale locale en rapport avec la violence masculine se sont rendus à Adélaïde et la communauté de praticiens associée au Dulwich Centre leur a ouvert ses portes pour leur fournir un contexte leur permettant d'examiner plus avant les moyens de remédier au préjudice très réel causé par la violence masculine et par les constructions dominantes de la masculinité (Flood, 1995 ; Kriewaldt, 1995).

Le résultat de ces conversations à Adélaïde, et la formation de Michael White, m'ont amené à réorienter le travail que je faisais en prison et dans les écoles. J'ai été intrigué par la manière dont les conversations de ré-auteurisation (re-authoring) pouvait prendre place collectivement, dans des contextes non thérapeutiques, et en réponse aux problèmes sociaux de genre et de violence (voir Denborough, 1995a).

Grâce à ce processus, j'avais découvert comment les partenariats entre hommes et femmes, dont je faisais désormais partie, pouvaient fournir le contexte nécessaire à la génération de nouvelles idées et pratiques. Pour ma part, j'ai profondément apprécié que Taimalieutu Kiwi Tamasese ait inspiré/mis au défi Cheryl White de travailler avec les hommes dans sa propre culture sur les questions de genre. Bien que la forme, le format et les membres de ces partenariats de genre aient changé au fil des ans, ils restent au coeur des pratiques narratives collectives.[7]

Un projet communautaire alternatif de santé mentale

Le mercredi soir de cette première session, une réunion informelle s'est tenue avec les personnes impliquées dans le projet de santé mentale communautaire alternative du Dulwich Centre. Ce projet a impliqué des membres de l'équipe et des membres de la communauté travaillant ensemble pour exposer les tactiques et les effets des "voix et visions" (souvent appelées hallucinations auditives et visuelles de la schizophrénie) vécues par ces derniers. Les savoirs et les compétences des membres de la communauté ont été honorés et exploités ; des communautés de réflexion et de soutien toujours plus grandes ont été créées ; et dans le processus, de nombreux aspects de la culture dominante ont été remis en question. Au cours de cette première réunion, j'ai été incité à réfléchir à la manière dont ces pratiques de "ré-auteurisation" (re-authoring) que j'avais apprises lors de la formation pouvaient transformer les réponses communautaires aux problèmes de santé mentale.

Cinq ans plus tard, la lettre d'information du Dulwich Centre, "Companions on a Journey" (Projet de santé mentale communautaire du Dulwich Centre, 1997) a été publié, avec les premiers "documents narratifs collectifs" du "Power to Our Journeys Group" (Brigitte, Sue, Mem et Veronika, 1997). Développer et affiner les façons dont les documents narratifs collectifs peuvent être utilisés dans une série de contextes reste un élément clé des pratiques narratives collectives (voir Denborough, White, Claver, Freedman & Combs).

Se ré-approprier nos histoires, se ré-approprier nos vies : faire face aux décès des aborigènes en détention

La Commission Royale sur les décès d'aborigènes en détention a remis son rapport le 15 avril 1991. Cette commission historique a été menée par Elliot Johnson QC qui, par pure coïncidence, était propriétaire et travaillait au 345 Carrington Street, à Adélaïde, où se trouvait le Dulwich Centre en 1991. La recommandation 5 de la Commission Royale énonçait :

Que les gouvernements, reconnaissant le traumatisme et la douleur subis par les parents, les proches et les amis des personnes décédées en détention, accordent un soutien compatissant aux demandes de fonds ou de moyens permettant d'offrir des services d'assistance à ces personnes. (Australian Royal Commission into Aboriginal Deaths in Custody, & Johnston, E., 1998)


En réponse, Tim Agius, le directeur du Conseil de la santé aborigène d'Australie du Sud, était déterminé à fournir une sorte d'assistance aux familles aborigènes qui avaient perdu des êtres chers en détention. Plus important encore, il était déterminé à trouver ou à développer une réponse culturellement appropriée au deuil causé par cette injustice. Cet effort l'a conduit à consulter le Dulwich Centre et ces collaborations ont permis de réunir tous les membres des familles aborigènes d'Australie du Sud qui avaient perdu un membre en détention. Ce rassemblement a été influencé par les idées narratives et est documenté dans "Reclaiming our stories, reclaiming our lives" (Conseil de santé aborigène, 1995).

La réunion a eu lieu au Camp Coorong et les participants aborigènes ont identifié un certain nombre d'aspects de l'événement comme particulièrement utiles, notamment :

  • Nommer l'injustice : Les aborigènes ont pu identifier l'"histoire dominante", qui parlait de culpabilité et de faiblesse personnelles, et de les renommer par injustice et oppression. La liberté d'utiliser les mots "meurtre" et "racisme", et de nommer publiquement leurs expériences d'injustice, a été vécue comme profondément libératrice.
  • Équipes écoutantes : pratique consistant à utiliser des "équipes écoutantes" dans lesquelles les membres de l'équipe de thérapeutes constituaient un public pour les histoires des aborigènes, qui renvoyait ensuite le reflet de ce qu'ils avaient entendu. Un certain nombre d'aborigènes ont déclaré que le fait d'entendre leurs propres histoires reflétées de cette manière leur permettait de se voir différemment et de retrouver la fierté d'être qui ils étaient. Cela leur a également permis de découvrir les forces remarquables dont ils avaient fait preuve pour survivre face à tant d'injustice. Comme l'a dit un participant à propos des groupes écoutants : "Cela permet de se ré-approprier les forces de la culture aborigène. La culture aborigène a toujours eu cela, elle l'a réaffirmé, ravivé, et cela se passe tous les jours autour de la table de cuisine des gens, alors tout ce que vous faites maintenant, c'est d'aller beaucoup plus loin et de revenir à notre culture."
  • La métaphore du "voyage" : l'approche narrative fait un usage considérable de la métaphore du "voyage". Le fait de passer d'histoires dominantes sur sa vie à des histoires préférées c'est comme faire un voyage d'une identité à une autre. La fourniture de "cartes" métaphoriques des expériences, des émotions et des pièges qui peuvent survenir au cours de ce voyage par d'autres personnes qui l'ont déjà fait peut jouer un rôle important en permettant aux gens de progresser dans leur vie... Un certain nombre d'aborigènes ont fait des commentaires sur la pertinence de la métaphore du voyage. (Conseil de la santé aborigène, 1995, pp.19-20)


Cet événement au Camp Coorong a représenté le premier "rassemblement communautaire" narratif, une approche qui, comme le décrit Michael White (2003), est à nouveau le résultat de partenariats :

Je tiens à souligner les contributions de Tim Agius et de Barbara Wingard à nos premières expériences quant à la pertinence des pratiques narratives dans le travail avec les communautés. La base de ces premières expériences était la vision inébranlable de Tim d'un rassemblement à l'échelle de la communauté qui fournirait un contexte de guérison pour les familles aborigènes d'Australie du Sud qui avaient perdu un membre suite à un décès en prison. L'esprit et la sagesse que Tim et Barbara ont ensuite apportés à cette initiative et qu'ils ont si volontiers partagés avec les membres de notre équipe nous ont soutenus de tant de façons... (White, 2003, p. 53)

Alors que je n'étais impliqué que de manière très marginale lors de l'événement de Camp Coorong (j'ai pris part aux premières conversations consultatives sur les prisons), ce projet a profondément influencé mon propre travail de quatre manières.

Tout d'abord, ce projet a fourni le canevas pour d'autres rencontres narratives auxquelles j'ai participé. Ces rassemblements ont impliqué les communautés aborigènes de Narrandera et Bowraville, en Nouvelle-Galles du Sud (Denborough, 2002a) ; les personnes séropositives et les travailleurs dans le domaine VIH (Living Positive Lives, 2000) ; et des rassemblements en rapport avec la santé mentale (South Australian Council of Social Services (SACOSS) & Dulwich Centre, 1995 ; ACT Mental Health Consumers Network & Dulwich Centre, 2003).

Deuxièmement, c'est au cours de ces rencontres qu'une forme d'écriture de chansons communautaires narratives a émergé (Denborough, 2002b, 2008) et nous avons découvert comment les chansons peuvent favoriser de puissantes réponses de témoins extérieurs (White, 2000). Bien que je reste dévoué à l'écrit, en particulier à sa rigueur, à sa capacité d'enregistrer tout ce qui est dit, aux façons dont les ébauches peuvent être partagées et modifiées collectivement, et à ses caractéristiques intimistes (la manière dont ça parle à chaque personne qui le lit), les chansons peuvent être chantées ensemble d'une manière que l'écrit ne peut pas. Dans certains contextes, l'écrit n'est pas accessible à tous, alors que les chansons et la musique peuvent inclure la plupart des personnes de n'importe quelle communauté. Et, ce qui est peut-être le plus important, avec une bonne mélodie, les chansons peuvent rester dans l'esprit de chacun, disponibles pour être rappelées instantanément d'une manière que l'écrit ne peut pas faire.[8]

Troisièmement, le projet "Reclaiming our stories, reclaiming our lives" a marqué le début de partenariats entre le Dulwich Centre, Tim Agius et Barbara Wingard, qui se poursuivent encore aujourd'hui et qui continuent à influencer le travail au sein des communautés aborigènes.

Quatrièmement, après avoir terminé "Reclaiming our stories, reclaiming our lives", le Dulwich Centre a décidé de se concentrer davantage sur le rôle des prisons dans la perpétuation de l'injustice, d'étudier les moyens de regarder "au-delà de la prison" et de "recueillir des rêves de liberté" en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis et au Canada. J'avais 25 ans à l'époque et cette recherche s'est avérée être déterminante pour ma vie (Denborough, 1995b) :

À première vue, la culture actuelle de l'emprisonnement semble se renforcer. De plus en plus d'hommes et de femmes sont enfermés, pour des peines de plus en plus longues, dans des prisons de plus en plus grandes. Et pourtant, comme le décrit ce livre, il existe de riches traditions alternatives sur lesquelles s'appuyer, tant dans ce pays qu'ailleurs.

Mon esprit vibre au rythme des chants qui résonnent au plus profond des murs de la prison, des actes quotidiens de résistance, de ceux qui se soucient des autres, de ceux qui osent parler, de ceux qui survivent à un autre jour marqué sur le calendrier. De concert avec ces personnes, il y a les indigènes australiens, qui s'expriment avec force dans leur résistance aux décès en détention et à l'emprisonnement comme outil de colonisation. D'ici aux cercles du Yukon, à la justice marae, à la création de nouvelles salles d'audience et de nouveaux moyens de travail, il existe des bases solides sur lesquelles construire. Les communautés les plus touchées par l'emprisonnement semblent ouvrir de nouvelles voies, créant ainsi la possibilité d'éliminer les notions de punition de nos êtres, de nos institutions dégradantes et de nos villes.

Ce pays a été envahi pour devenir une prison, non seulement pour les peuples indigènes, mais aussi pour les pauvres de Grande-Bretagne. Aujourd'hui, plus de deux cents ans après que ce pays ait été envahi pour devenir une prison, des fissures commencent à apparaître dans la culture de l'emprisonnement, des fissures causées par des générations de protestation. (Denborough, 1996, p. 221)

Lorsque le livre Au delà de la Prison, recueillir les rêves de liberté[8'] (Beyond the prison : gathering dreams of freedom) a été terminé, j'ai déménagé à Adélaïde et j'ai commencé à travailler "en coulisses" au sein d'une "communauté d'idées" florissante (White & Denborough, 2005).

Remerciements

La thérapie narrative telle que nous la connaissons aujourd'hui n'existerait pas sans le travail de Michael White, David Epston, Karl Tomm, Jill Freedman et Cheryl White. De même, le développement des pratiques narratives collectives décrites ici n'aurait pas été possible sans la contribution de nombreuses personnes, notamment Cheryl White, Michael White, David Epston, Barbara Wingard, Taimalieutu Kiwi Tamasese, Charles Waldegrave, Ncazelo Ncube, Caleb Wakhungu, David Newman, Sekneh Hammoud-Beckett, Ruth Pluznick, Thilaka Xavier, Jill Freedman, Gene Combs, Angel Yuen, Shona Russell, John Stillman, Tileah Drahm-Butler, Lynn Tron, Alfonso Diaz, Therese Hegarty, Chris Wever, Angela Tsun on-Kee, Daria Kutuzova, Milan Colic, Eileen Hurley et Kaboyi Benoit. Amaryll Perlesz, David Epston, Cheryl White, Mary Heath, Susanna Chamberlain et David Newman ont livré des commentaires précieux sur une version antérieure de ce document.

Notes

[1] Pour lire d'autres histoires sur la thérapie narrative, je vous renvoie à : Beels (2001, 2009), Chamberlain (2004, 2011) Denborough (2009), Epston (2011), Madigan (2011),White, C. (2009).

[2] Tiré d'une chanson de Andrea Rieniets (1995).

[3] David Newman, Mark D'Astoli et Mark Trudinger étaient d'autres collaborateurs clés de la MASA à cette époque.

[4] Ce document est né après que David Epston et Michael White aient travaillé ensemble à Adélaïde en août 1985.

[4'] Lettre d’Australie : Epston mais implicite (Errances Narratives)

[5] Pour plus d'informations sur ces développements, voir Epston (2011).

[5'] Qu'est-ce qu'une bonne question ? (Errances Narratives)

[5"] L'appartenance, le sacré et la libération (Errances Narratives)

[6] Parmi eux figuraient David Newman, Michael Flood, Ben Pennings, Mark D'Astoli et Mark Trudinger.

[7] Par exemple, la Dulwich Centre Foundation International va bientôt s'engager dans un projet de lutte contre la violence sexiste en Palestine et au Kurdistan, en Irak, qui repose à la fois sur des partenariats entre hommes et femmes et des partenariats interculturels. Pour plus d'informations, contactez la Dulwich Centre Foundation International c/o dulwich@dulwichcentre.com.au

[8] Des exemples de ces chansons peuvent être écoutées à l'adresse suivante : www.dulwichcentre.com.au/songs.html

[8'] Traduction française du livre "Au delà de la Prison, recueillir les rêves de liberté" disponible sur Lulu.com

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